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KUON GEOLearn › Précision et erreur du GPS

Pourquoi le GPS se trompe, et de combien

Le point bleu se pose du mauvais côté de la rue. La position dérive alors que vous ne bougez pas. Une position GPS porte toujours une erreur, mais celle-ci vient d'une liste courte, et certaines de ses causes sont entre vos mains. Voici cette liste, rangée en deux colonnes : ce qui dépend de vous, et ce qui n'en dépend pas.

La position se décide en mesurant des distances

Chaque satellite diffuse l'heure et sa propre position. Le récepteur détermine le temps mis par le signal et le convertit en distance. Quatre satellites suffisent à fixer une position : quatre plutôt que trois, parce qu'il faut résoudre en même temps l'erreur de l'horloge du récepteur lui-même.

Dès lors, tout ce qui déforme une distance devient une erreur. Tout ce qui suit déforme une distance.

Cinq sources d'erreur

L'ionosphère. Une couche chargée située entre environ 100 et 1 000 km d'altitude retarde le signal. Sans correction, cela représente des dizaines de mètres ; avec le modèle simple diffusé par les satellites, il en reste plusieurs. C'est aujourd'hui la première source.

L'atmosphère. La vapeur d'eau près du sol retarde elle aussi le signal. Les jours humides sont les pires. Quelques mètres.

Les réflexions. Les signaux renvoyés par un mur, une vitre, le sol ou un véhicule arrivent en retard et se lisent trop longs. En ville, c'est presque toujours la raison pour laquelle le point se pose dans la rue voisine. Un ciel dégagé ne suffit pas s'il y a des surfaces réfléchissantes autour de vous.

La géométrie des satellites. Des satellites répartis dans tout le ciel donnent un point net ; des satellites groupés donnent un point flou. La mesure de ce phénomène s'appelle le DOP, et plus il est petit, mieux c'est.

Les satellites et le récepteur. Les horloges et les orbites des satellites portent un ou deux mètres d'erreur. Le bruit du récepteur et la qualité de l'antenne comptent également.

De combien, dans la pratique

Quelques mètres sous un ciel dégagé ; cinq à dix en périphérie ; des dizaines de mètres entre des immeubles élevés. À l'intérieur, vous n'obtenez pas de point, ou un point très faux.

L'erreur verticale vaut 1,5 à 2 fois l'erreur horizontale. La raison est simple : les satellites sont tous au-dessus de vous, et aucune géométrie ne vient d'en dessous pour caler l'altitude.

Ce que vous pouvez corriger vous-même

Par ordre d'effet. Cherchez un ciel dégagé. Sortir de sous un bâtiment, un arbre ou un pont change plus de choses que tout le reste de cette liste.

Changez la façon de tenir l'appareil. Dans un sac, au fond d'une poche ou derrière du métal, la réception s'effondre. Ne couvrez pas la face tournée vers le ciel.

Attendez un moment après l'allumage. Il faut quelques dizaines de secondes pour que la position se stabilise.

Utilisez plusieurs constellations. Le GPS avec Galileo, GLONASS, BeiDou et QZSS fait plus que doubler le nombre de satellites visibles et empêche la géométrie de se déséquilibrer. En Europe, Galileo apporte à lui seul une part décisive.

Choisissez un récepteur bifréquence. Avec deux fréquences, le retard ionosphérique se calcule et s'élimine, et les réflexions font moins de mal. Lors de votre prochain achat, c'est la différence qui compte le plus.

Le mur qu'un récepteur seul ne franchit pas

Faites tout cela, et une position autonome reste de l'ordre du mètre, parce que la cause n'est pas dans votre récepteur mais dans le ciel que le signal a traversé.

Il existe un seul passage : comparer avec un récepteur placé en un point connu. Un récepteur voisin voit les signaux à travers le même ciel, il porte donc la même erreur. En la retranchant, la part commune disparaît. C'est le RTK, et il ramène l'erreur au centimètre.

Il vous faut un récepteur qui le prenne en charge et une source de corrections : une station publique, un service payant, ou une augmentation diffusée par satellite comme Galileo HAS.

Commencez par regarder ce qui vous entoure

Avant d'acheter quoi que ce soit, cherchez s'il existe une station utilisable près de votre lieu de travail. La précision décroît avec la longueur de la ligne de base : la question est donc de savoir s'il y en a une à une dizaine de kilomètres.

En France, la réponse est presque toujours oui. 735 stations françaises figuraient dans notre relevé du 17 août 2026, toutes gratuites, principalement grâce au réseau Centipede-RTK. KUON GEO interroge les stations publiques du monde entier toutes les dix minutes et les publie avec leur disponibilité. Sur la carte, chaque station porte des cercles de 10 et 20 km : vous voyez d'un coup d'œil dans lequel votre chantier tombe.